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PATRICK AMARU : ENTRE LES ETOILES DE LA DANSE ET LES ETOILES DU CIEL - HOMMAGE DU CONSERVATOIRE

 TAHITI, PAPEETE, LUNDI 18 JUIN 2018 - C'était avant hier, samedi 16 juin, place To'ata. Le public, debout, ovationnait et applaudissait à tout rompre les acteur de la grande Nuit de Gala du Conservatoire Te Fare Upa Rau. 

Sur cette magnifique image de nos partenaires Tahiti Zoom on voit au centre, entre les enfants, les professeurs et assistants chargés de la danse, le 'ori tahiti.  Dans cette foule, également, notre professeur de 'orero, John Mairai, nos professeurs de Himene, Mama Iopa et Mike Tessier, nos musiciens et Moana Urima, chargé des ensembles de Ukulele et de percussions. En bref : toute la grande famille du Conservatoire, sans oublier nos fidèles amis de l'association des parents d'élèves.
Sur la gauche de la photographie, un homme au sourire bienveillant. Patrick Amaru. 

L'auteur du thème chanté et dansé par les 800 élèves de Te Fare Upa Rau,  TE PAPA A A'TUA. 

Un thème magnifique, profond, sensible, que les chorégraphes ont toutes et tous pris plaisir à adapter. Un plaidoyer vibrant pour l’enracinement dans le socle de la Culture

Patrick nous a quitté ce jour, au petit matin. Entouré des petites étoiles de la danse traditionnelle, il rejoint les grandes étoiles du ciel et du panthéon polynésien, qu'il aimait tant. Ce départ si rapide, après une année entière de proximité, nous laisse comme des enfants abandonnés ayant perdu un guide remarquable et bienveillant.

Mais nous souhaitions également lui dire, en lui souhaitant pour son dernier voyage de trouver, en suivant le chemin des anciens, la lumière de l'Eternité, qu'il fait désormais, et pour toujours, partie de notre famille et de notre histoire.

Notre professeur de 'orero, John Mairai, et notre directeur, Fabien Dinard, lui rendent un vibrant hommage.

L’HOMMAGE DE JOHN MAIRAI

Ia 'oe na e Araia te tama ara noa

Aue ! rumaruma te ra'i o to tatou nei Mänava

Te 'oto nei e te mihi nei

'Erä te nuinui o te muriaroha

Te pa'opa' o nei te ra'i o te Ao ma'ohi

Ua rere te 'aito i to na rereraa

Ua tau te 'aito i to na tauraa

Tei Rohotu No'ano'a i te puhihaumarü 'oia

e haamapuhi ai i to na aho.

No tatou nei rä e tere 'overe nei i te mo'eraa te tama 'aitu

Na tatou nei ia e te u'i hou e faahotu i te ohi ta na i tuu i roto i te repo o to tatou nei mänava.

Haere ra i to tere e Araia te tama-ara-noa

A pine rä i te pineraa roa

Tapapa i te hau feteui.

Matou nei rä

Te 'oto nei te mihi nei.

John Mairai 


L’HOMMAGE DE FABIEN DINARD

J'ai appris avec stupeur et tristesse le décès de Patrick Amaru ce lundi 16 juin 2018, aux premières heures du jour.

L'annonce de son départ est une telle surprise : nous avions vécu toute l'année 2017/2018 avec lui, car avec nos professeurs nous l'avions choisi comme auteur du thème de notre grande Nuit de Gala, ce samedi 16 juin dernier.

Ce magnifique thème, "Papa A Tu a-Tua", symbolisait toute une partie de sa vie : il indiquait à nos élèves le chemin de la connaissance, un chemin, un choix intérieur; il indiquait aussi comment se battre pour s'enraciner dans sa culture, dans notre si belle culture polynésienne, que les arts traditionnels savent si bien servir.

Nous souhaitions de notre côté ouvrir notre établissement, le Te Fare Upa Rau, aux auteurs du Fenua : parmi ces auteurs, Patrick avait une place tout à fait à part. Il était la poésie incarnée. Et nos enseignants avaient pris un réel plaisir à intégrer ses écrits dans leurs chorégraphies et leurs chants.

Lui-même était étonné, et reconnaissant, de la manière dont cette alchimie avait fonctionné. Patrick venait souvent observer les répétitions. Sans déranger qui que ce soit, je voyais, sur son visage, sa satisfaction, sa joie tranquille.

Avant de partir Patrick a reçu, samedi soir avec nos enseignants, lors du tableau final du spectacle, sur cette place To'ata qui l'avait tant de fois consacré meilleur auteur, l'ovation du public pour son travail. Quel départ. Nous perdons l'un des nôtres. La grande famille de la Culture est en deuil. Mais on dit aussi que les poètes ne meurent jamais.

Je voudrais, au nom de toute l'équipe du TE FARE UPA RAU, transmettre à sa famille et notamment son épouse, nos condoléances.

Et rajouter ces strophes, que Patrick avait offert au conservatoire :

  • Ia fati te àre no te moeroa
  • I te tahatai no te oraraa,
  • Ia tūmā te mataì no te tià
  • I te teòteò e te ìte,
  • Ia topa te mau ùnaùna paa,
  • Ia vai tahaa te tino,
  • Ia vai tahaa te varua,
  • E aha paì te mea e toe mai?
  • Lorsque la vague du long sommeil
  • Se brise sur le rivage de la vie,
  • Lorsque le vent de la vérité
  • Efface la vanité et le savoir,
  • Lorsque les apparences tombent,
  • Lorsque le corps est à découvert,
  • Lorsque l'âme est à nu,
  • Que nous reste-t-il?
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Invité
vendredi 20 juillet 2018
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